Latest Readings #7 | La Passe – Miroir

Latest Readings #7 | La Passe – Miroir

Étant donné que je n’ai pas beaucoup publié en 2017 et que je me suis lancée le défi de lire 50 livres en 2018 (ce qui n’est pas de la tarte vue que je n’en ai lu que 25 en 2017!), j’hésitais sur le fait de rattraper mon retard dans mes articles lecture de peur de noyer le blog sous cet unique sujet qui n’est pas le seul que j’ai envie d’aborder (même si c’est mon favori, et de loin!)

Ceci étant dit, IMPOSSIBLE pour moi de faire l’impasse sur ce qui fut mon plus gros coup de cœur de l’année en matière de lecture, et mon plus gros coup de cœur depuis des années !
Comme j’ai pu déjà le mentionner auparavant, après avoir terminé le dernier tome de Harry Potter, je me suis un peu retrouvée en peine de lectures fantastiques car je n’avais pas vraiment réussi à retrouver cette petite étincelle d’addiction qui te fait veiller une bonne partie de la nuit sans que l’idée de jeter un coup d’œil à la pendule ne vienne t’effleurer un instant ! (et oui je suis au courant que plus personne n’a de pendule chez soi mais ça sonnait mieux)
Après des années passées à la recherche de LA perle de Science Fiction, je pense que je m’étais un peu résignée et j’ avais au passage trouvé énormément de plaisir à lire du policier, tout en me disant que je devais peut-être laisser les dragons et les téléportations derrière moi.

Finalement, quelle joie INCOMMENSURABLE de retrouver tous ces sentiments dès les premières pages de cette saga ! Christelle est officiellement devenue ma JK made in France, même ça reste très différent de Harry Potter (ce qui n’est pas pour me déplaire, je déteste avoir l’impression de lire une pâle contrefaçon de mon auteure favorite !)

Quelques précisions sur L’univers de Christelle Dabos :
Le monde est divisé en arches. 
Ces arches sont gouvernées par des “Esprits de Famille”, des créatures humanoïdes immortelles qui sont dénués de mémoire et ne se rappellent ni de comment ils sont arrivés là, ni les choses communes du quotidien. Tous ces esprits possèdent un Livre qui contient de nombreuses informations quant à la mission qui est la leur, à savoir une sorte de gouvernance/justice.
Sur les arches vivent des individus qui sont les descendances des Esprits de Famille et ont donc tous des liens de parenté plus ou moins éloignés.
Ces individus sont doués de pouvoirs qui diffèrent selon les arches. Donner vie aux objets pour les animistes (ou plus, comme vous le découvrirez avec le pouvoir de Liseuse d’ Ophélie), s’introduire dans les esprits, créer des illusions pour d’autres…

 

Tome 1 : Les fiancés de l’hiver
 
Je ne saurais même pas comment exprimer à quelle vitesse je me suis sentie immergée, happée, par ce premier tome. La sensation est tellement délicieuse, tellement jouissive lorsque ça nous arrive, l’on voudrait que cela dure toujours. 
 
Dans les premières pages de ce tome, on découvre d’abord l’arche d’Anima, arche qui restera au fil de ma progression ma favorite de toutes. Sur cette arche, les meubles et objets s’imprègnent de l’humeur de leur propriétaire pour les imiter  et exprimer des sentiments, et ce sans la volonté de ceux-ci. Sur Anima, c’est la vie qui règne en maître, ainsi que la famille. 
On a aussi une espèce d’ambiance authentique, un peu comme celle qui pourrait régner dans la maison des Weasley (il s’agit seulement d’un ressenti, pas de similarités techniques).
 
On rencontre aussi la protagoniste : Ophélie. 
Elle est maladroite, têtue et intelligente. Autant vous dire que ce fut le coup de foudre. Elle est un petit peu aux antipodes des héroïnes du cinéma sans être une caricature d’un modèle de niaiserie. Elle est elle-même, c’est ce qui la définit d’ailleurs. 
 
Du contexte si vivant d’Anima avec ses personnages hauts en couleurs, on passe à un tout autre : La Citacielle. C’est une sorte de Versailles en très violent, où complots et meurtres se côtoient dans  lequel notre innocente Ophélie va devoir évoluer. Cette arche n’est clairement pas faite pour nous faire rêver, elle n’est pas faite pour qu’on l’aime. Elle est faite pour que la corruption, l’entretien de faux-semblants à tout prix et l’égoïsme nous dégoûtent. Les trois tomes d’ailleurs seront assez engagés et véhiculent de très belles valeurs. 

J’ai énormément aimé ce premier tome, ce après quoi je suis littéralement allée me jeter sur le deuxième vers 23h au temps où la Fnac des Champs Élysées fermait encore à minuit. Je vous raconte pas la panique quand je me suis rendue compte, à la dernière page, que je n’avais pas la suite sous la main !


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Tome 2 : Les disparus du Clairdelune
 
Dans ce tome, le récit se poursuit sur l’ arche de la Citacielle. Ophélie y est maintenant depuis quelques temps et s’y creuse désormais une place petit à petit même si l’ambiance n’y est pas folichonne (et c’est un grand euphémisme). Cependant, on ressent vraiment qu’elle s’affirme, n’hésite pas à être elle-même et à s’imposer. On la voit grandir et devenir de plus en plus sage
 
Lorsque le premier tome était centré sur l’entrée d’Ophélie dans ce monde tellement différent de celui qu’elle connait, celui-ci expose la version cachée du décor et la remise en cause même de ce système qui est si défaillant sous son apparence dorée et poudrée. De la fin du premier à celui-ci, on va de plus en plus loin dans les ténèbres de cette arche ce qui rend le récit beaucoup plus adulte que ce à quoi je m’attendais ce qui n’est pas pour me déplaire car j’ai fait récemment l’expérience de lire un roman SF qui m’a fait me sentir trop vieille. A 21 ans. Pas très agréable. 
 
Comme dans notre propre monde, les personnages se demandent comment leur monde actuel a pris forme, quelles sont ses origines. Ce qui fait que non seulement on en apprend de plus en plus à connaître le monde de Christelle Dabos, mais on découvre certaines choses en même temps que les personnages. Et très important : à aucun moment on a l’impression d’un manque de cohérence.
 
En parallèle, on a évidemment une histoire d’amour, celle d’Ophélie et de son mari Thorn qui est un personnage très complexe mais qui m’a tout de même plu dès le début même s’il nous est d’abord présenté comme la personne la moins chaleureuse de tout de le roman ( et de l’univers, accessoirement). Leur relation est très compliquée mais on est tenus en haleine car on attend inlassablement plus de romance. 
 
Ce tome ne nous lasse pas et nous donne envie de poursuivre notre lecture jusqu’au tome 3. 
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Tome 3 : La Mémoire de Babel
 
Troisième tome, troisième arche. Nous voilà maintenant arrivés sur Babel, une arche qui n’a plus rien à voir avec les autres. Ce n’est plus une arche où vivent uniquement les descendants des Esprits de Famille mais un peu tout le monde en provenance d’un peu partout. 
Cette arche est donc très cosmopolite, et lorsque l’on pourrait croire à une ambiance plus sympa et moderne où toutes les cultures se côtoient mais … Finalement non. C’est une arche très élitiste où les individus sont jugés et considérés en fonction de leurs “compétences” ou “pouvoirs” et les plus privilégiés sont les descendants directs de l’un des deux Esprits de Famille. Encore une fois on pourrait faire le parallèle avec notre société, et même nos sociétés, et ça rend le récit plus engagé et mature. 
Ophélie est alors à recherche de Thorn et, pour mieux se fondre dans la masse, devient étudiante dans une espèce de groupe de lecture qui représente selon moi une vraie critique du système de l’éducation nationale, en une version poussée à l’extrême mais que l’on saurait aisément apparenter aux études de médecine par exemple, où la charge psychologique est très lourde pour les étudiants et les conduit parfois à avoir des comportement peu louables.
Le chemin que parcourt Ophélie dans sa recherche sur l’origine de son monde se poursuit, et il apparaît de plus en plus qu’elle aurait un lien prépondérant avec celle-ci. La trame devient alors un poil plus conventionnelle, avec l’héroïne au centre de tous les enjeux, mais je trouve que l’auteure a su lui donner une singularité propre à la saga.
La fin ne peut que nous laisser entrevoir une suite remplie de péripéties et , même si je dois dire que ce tome n’est pas mon favori des trois, il a su me donner plus qu’envie de poursuivre ma lecture. Je suis littéralement addict !
En somme, j’ai complètement adoré cette saga, la plume de l’auteure toujours empreinte de cette touche d’humour que l’on ne retrouve pas toujours dans la littérature SF. L’univers de Dabos est unique, complet et l’on a insatiablement envie d’en apprendre plus. Les personnages sont très hétéroclites mais toujours très hauts en couleurs comme le seraient ceux d’un bon film de Tim Burton. 
C’est une saga que je conseillerais à des personnes de tous âges, malgré le fait qu’elle se trouve au rayon “jeunesse” de votre librairie. C’est beau et lyrique tout en étant engagé.  J’ai récemment expérimenté la lecture d’un livre pour lequel je me suis sentie trop vieille, trop “mature”, et ce n’est absolument pas le cas avec la Passe – Miroir. 
Vivement le Tome 4. 
 
 
 
 

 

 

 

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