Lectures Récentes #9 | mon butin du Maghreb-Orient des livres

Lectures Récentes #9 | mon butin du Maghreb-Orient des livres

En février dernier se déroulait à Paris le Maghreb-Orient des livres, un salon du livre dédié aux littératures orientales/maghrébines/moyen-orientales/arabes   (je vous avais fait un haul sur Instagram d’ailleurs) , un salon dont je n’aurais pas entendu parler sans Antastesia et qui m’a permis de découvrir ces littératures qui m’étaient plutôt étrangères étant donné que je n’avais lu que Amin Maalouf (que j’avais détesté), Tahar Ben Jelloun (que j’ai beaucoup aimé mais que j’ai un peu jeune) et Parinoush Saniee (dont j’ai adoré le voile de Téhéran, comme je vous le disais ici) et…c’est à peu près tout.

En me rendant à ce salon, je n’avais pas de liste de courses, tout ce que je savais c’est que j’avais envie de repartir avec des ouvrages de plusieurs pays différents, ce que j’ai plutôt réussi à faire puisque je suis repartie avec mon tote bag rempli de lectures d’ Égypte, d’ Iran, de Palestine et d’Algérie.

J’espère que cet article vous inspirera cette envie d’aller découvrir des littératures étrangères, soit la meilleure manière de découvrir une culture, et si vous avez des recommandations je suis preneuse !

 

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La République de l’Imagination 

par Azar Nafisi

Résumé : Cet essai très personnel part du principe que la fiction est en danger dans l’Amérique d’ aujourd’hui, dans un monde ou les tweets et YouTube accaparent l’individu au détriment de son imaginaire. L’auteur associe ses souvenirs de lectures des grandes œuvres américaines à son itinéraire d’exilée qui, ayant dû quitter l’Iran, a choisi de devenir citoyenne des États-Unis, pays qu’elle a découvert grâce à ses romans.
En relisant avec elle Huckleberry Finn ou Le cœur est un chasseur solitaire, le lecteur est amené à porter un regard neuf sur les œuvres fondatrices des États-Unis. Très inspirée par l’écrivain James Baldwin, elle nous engage à lire partout, en toutes circonstances, à la rejoindre dans cette République de l’imagination, pays sans frontières ni restrictions, ou le seul passeport requis est un esprit libre et un désir de rêver. « La littérature est délicieusement subversive, dit-elle, car elle enflamme l’imagination et défie le statu quo. »

 

Mon avis sur cet lecture : je vais peut être avoir l’air con, mais je dois admettre que je me suis complètement plantée à propos de la nature de ce livre. Je n’ai pas compris ce que c’était… voilà voilà. J’ai tout bonnement cru qu’il s’agissait d’un roman, alors qu’il s’agit en réalité d’un essai où l’auteure présente plusieurs de ces romans favoris, elle en fait une sorte de commentaire argumenté tout en faisant des parallèles avec notre société. Et vous savez quoi ? J’ai adoré ! J‘ai aimé sa manière si passionnée de parler des ces lectures, tout comme je le fais ici mais en beaucoup plus poussée, en réussissant à me donner envie de les lire ! J’ai aimé l’intelligence avec laquelle elle faisait des liens avec des faits sociétaux comme la criminalité, les réseaux sociaux,..

Dans son livre, on en apprend un peu plus sur le système éducatif américain, on se pose des questions, et finalement on réalise que le monde a besoin de la fiction pour pouvoir se mettre à la place de l’autre comme pour pouvoir rêver, tout simplement.

Elle parle aussi beaucoup de son pays natal, l’Iran, et je ne sais pas pourquoi c’est pays qui m’intéresse de plus en plus, dont j’ai envie de découvrir la littérature plus que tout autre pays arabophone.

Je conseillerais ce livre aux passionnés de littérature, particulièrement de fiction ou de littérature américaine. C’est un livre qui m’a donné envie de lire, et rien que pour ça je trouve qu’il mérite une critique positive !

Note : 3.8/5

 

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Le livre d’Amray 

par Yahia Belaskri

Résumé : « On m’a dit que je naissais au monde, que les montagnes reculeraient devant mes aspirations, que les plaines donneraient plus de blé qu’elles n’en ont jamais produit et que les matins s’offriraient à mes pas juvéniles. Que ne m’a-t-on dit pour me laisser croire que j’étais un homme libre ? »
Amray est né avec la guerre, entre le souffle du chergui, le vent chaud du Sahara, et les neiges des Hauts Plateaux, fils préféré d’une mère qui n’avait jamais appris les mots d’amour, et d’un père qui a fait plus de guerres qu’il n’en faut pour un homme. Mais bientôt son monde vacille et les amis d’enfance, Shlomo, Paco, Octavia – celle qu’il nomme ma joie – quittent le pays.
Resté là comme en exil, Amray, fils du vent, fils de fières et nobles figures de résistance, Augustin, la Kahina ou Abd el-Kader, avec la rage puisée dans les livres et les mots des passeurs, part chercher plus loin ses horizons, et la liberté d’être poète.

Mon avis sur cette lecture : j’ai été très touchée par cette lecture et surtout par la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas du tout. J’ai tout simplement été attirée par l’imprimé de la couverture (basique) et la quatrième de couverture a terminé de me convaincre ! C’est un roman très court, qui m’a plongée dans une espèce de sentiment de douceur, ce qui est très paradoxale car les sujets abordés dans ce livre tournent autour de la guerre, des colons, de la violence. Le récit n’a pas de trame définie, on navigue un peu entre passé et présent, entre souvenirs et conscience.

La plume de l’auteur est très mélancolique, très à fleur de peau. Toutes les émotions sont très vives : l’amour est passionné et la douleur est destructrice. C’est sans aucun doute un poète, un amoureux des mots et ce roman m’a réellement donné envie de découvrir davantage de son oeuvre.

Note : 5/5

 

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Poésie de Palestine

Mon avis sur cette lecture : j’ai été un peu triste lorsque je me suis rendue compte de la toute petite place allouée aux œuvres palestiniennes en comparaison avec les lectures israéliennes qui occupaient un bien plus grand espace sur la table. Et en même temps, la vie là bas ne doit pas tant se prêter à la production artistique… Néanmoins j’ai tenu à repartir avec cet ouvrage, à encourager ces auteurs à écrire, à raconter.

C’est pourquoi j’ai particulièrement aimé ce petit recueil de poésie, je l’ai savouré comme un objet rare, comme un fruit qui ne pousserait que dans un endroit reculé du monde, inaccessible. 

Je ne vais pas vous mentir : il y a deux poèmes que je n’ai pas saisi, qui étaient trop compliqués à comprendre pour moi qui ne lis pas tant de poésie que ça.

Autrement, j’ai totalement accroché avec le reste. Même si c’est la guerre, la violence, qui ont fait naître ces mots dans les cœurs des poètes, il n’y a de leur plume aucune animosité, aucune envie de vengeance, aucune menace qui ne jaillit. Juste des faits, la réalité racontée et souvent, une envie de paix. C’est une lecture pleine de sagesse et d’amour tant que de tristesse et de lassitude. 

Note : 4.5/5

 

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La bibliothèque enchantée

par Mohammad Rabbie

Résumé : Chaher, jeune fonctionnaire lettré s’ennuyant au ministère des ?Biens de mainmorte?, se voit confier une mission inhabituelle : rédiger un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l’État veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Cette curieuse bâtisse labyrinthique précieusement gardée par une poignée de vieux intellectuels nihilistes et cyniques recèle plus d’un secret. Chaher devra les élucider, avec ou sans leur aide.

Mon avis sur cette lecture : il s’agit d’une déception pour moi. J’étais assez enthousiaste à l’idée de lire une fiction égyptienne, tellement habituée aux fictions anglophones. Finalement, j’ai trouvé le récit assez plat, voire ennuyeux. Typiquement, j’ai mis au moins quinze jours à lire ce petit livre de moins de 200 pages, ce qui est assez long compte tenu de ma cadence de lecture. Je ne l’ai terminé que parce que je vais toujours au bout des livres que je commence, et j’ai aimé le dernier tiers du livre. 

D’abord, le récit regorge d’allusions au milieu de la fonction publique – à sa lenteur et sa monotonie notamment. Si ça a pu me faire sourire à certains moments, j’avoue ne pas avoir été sensible à cette partie du livre. Ça m’a emmerdé plus qu’autre chose, si vous voulez un avis sincère. 

Ensuite, je n’ai pas accroché avec la plume de l’auteur à laquelle je n’ai pas été sensible. On alterne entre deux narrateurs, aucun d’eux ne peut se vanter d’être particulièrement intéressant, tout ça manquait beaucoup de couleurs à mon goût…

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, la trame, c’est ce qui fait que je n’ai tout de même pas complètement détesté ce roman. J’aime la tournure que prend le dernier tiers du livre, la légende qui se cache derrière cette bibliothèque qui prend vie pour se transformer en une sorte d’entité mystique. J’ai aimé ce monde fantastique qu’on a l’impression de presque pouvoir toucher du bout des doigts sans pouvoirs l’atteindre vraiment. 

Quelques messages sont portés par le récits : l’importance de l’avidité en lecture dans nos sociétés actuelles, la confrontation du numérique au concret, au palpable, l’importance des bibliothèques dans les villes, comme des lieux garants de l’accès à l’éducation pour tous. 

Je n’irais pas jusqu’à dire que j’abhorre ce livre mais je m’attendais à autre chose et je ne le recommanderais pas particulièrement. 

Note : 2/5

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Lequel avez-vous déjà lu ? Ou lequel pensez-vous lire ?

Quelle est votre lectures orientales favorites ?

Pour ma part, il me reste encore Le Cortège des vivants, de Naguib Mahfouz à lire, un auteur égyptien nommé de nombreuses fois dans le dernier livre d’ailleurs. 

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Je me suis remise à la lecture récemment et j’étais à la recherche de nouveaux titres. Ton billet tombe à point nommé. Je vais tenter de me procurer ces titres. Merci pour la découverte.

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