Lectures Récentes #10 : coups de coeur en VO !

Lectures Récentes #10 : coups de coeur en VO !

J’ai mis beaucoup de temps à me décider à lire en anglais. Autant, je ne peux plus faire marche arrière concernant les séries (quelqu’un peut m’expliquer pourquoi les doublures sonnent toujours soit super débiles soit complètement incohérentes ?) autant, j’avais un peu peur de me lancer dans la lecture de versions originales. La perspective d’être tellement obnubilée par un effort compréhension pour être incapable d’apprécier  l’univers du texte me rebutait un peu. Cependant, après un petite dizaine de lectures, je me rends compte que OUI mon niveau d’anglais suffit amplement (je le parle quotidiennement au travail) et OUI je peux apprécier un livre en V.O. à même hauteur qu’une traduction voire d’avantage, puisqu’il s’agit de la plume de l’auteur(e) lui/elle même ! (et ça, c’est assez jouissif)

The Great Gatsby par F. Scott Fitzgerald (Gatsby le Magnifique)

Résumé : Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby.
Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu’il génère, est réputé pour les soirées qu’il donne dans sa somptueuse propriété. L’opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C’est pourquoi l’illusion ne peut être qu’éphémère.
Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées.

 

Mon ressenti : Après ma lecture de La République de L’imagination de Azar Nafisi dont je vous parlais dans cet article, j’ai eu très envie de partir à la découverte de tous ces classiques de la fiction américaine qu’elle nous vend si bien dans son livre !
J’ai donc décidé de commencer par Gatsby le Magnifique, toute émerveillée que j’avais été en voyant le film et sa merveilleuse esthétique il y a quelques années.
J’ai été surprise de découvrir un livre auquel le film est resté, semblerait t-il, très fidèle. L’histoire de Gatsby est narrée par un personnage qui se place très en retrait des événements, tout en restant un personnage faisant partie intégrante de l’intrigue et, dans mon souvenir, on a aussi ce narrateur dans le film à l’aide d’une voix off. C’était très inhabituel pour moi qui suis une inconditionnelle du narrateur interne mais c’est l’un des aspects qui m’a le plus plu.
La toile de fond, une “Amérique”, comme on l’appelait alors, des années 1920 dans une couche de la société assez élevée socialement est présentée tout en nuances.
Cette époque fait rêver : ses paillettes, ses plumes et ses soirées mondaines dans des villas luxueuses qui ne semblent plus en finir. Mais Scott Fitzgerald va plus loin dans Gatsby : qui sont ces gens ? A quoi ressemble leur vie lorsque, finalement après des heures de festivités qui semblent complètement dissociées de la réalité, ils doivent finalement regagner leur foyer ? C’est une approche très terre à terre de la réalité, j’ai presque envie de dire fataliste.
Le narrateur, Nick Carraway, s’efface devant la tâche qui lui incombe, celle de nous présenter à Mr Gatsby. Je me suis d’ailleurs beaucoup attachée à ce personnage, beaucoup plus qu’en regardant le film. C’est un personnage très volatile, insaisissable, même son identité est remise en question. Il est extrêmement riche, mais aussi très seul bien qu’il reçoive des centaines de personnes chaque soir sous son propre toit.
L’histoire d’amour qui est au centre du livre a un côté très tragique, le tragique des amours perdus dans le passé avec un amoureux qui persiste à lui courir après alors qu’il est resté derrière lui. On est alors touchés par Gatsby, on lui souhaite la paix, le bonheur simple, sans paillette.
Commencer par Gatsby le Magnifique pour s’initier à la fiction américaine est une excellente manière de comprendre comment celle-ci se construit : en nuances, toujours avec une critique sur un aspect de la société. J’ai hâte de découvrir Baldwin, Lewis, Salinger ou encore Twain. Je pense que c’est là dessus que va se concentrer mon année littéraire 2020 !

Ma note : 5/5

Compréhensibilité de l’anglais : 3.5/5 (le livre ayant été rédigé en 1925, quelques termes anciens m’ont posé problème mais rien de grave)

Lethal White par Robert Galbraith (Blanc mortel)

Résumé : Lorsque Billy, un jeune homme perturbé, vient demander l’aide du détective privé Cormoran Strike pour enquêter sur un crime dont il pense avoir été témoin durant son enfance, Strike est perplexe. Billy, de toute évidence, est psychologiquement instable et ne parvient pas à se souvenir de nombreux éléments concrets. Il semble néanmoins sincère et son histoire crédible. Mais avant que Strike n’ait le temps de l’interroger, Billy, paniqué, parvient à s’enfuir.
Afin de percer le mystère de l’histoire racontée par Billy, Strike et Robin Ellacott autrefois son assistante et désormais sa partenaire à l’agence s’engagent sur un chemin sinueux à travers les bas-fonds de Londres jusqu’à un sanctuaire secret au coeur du Parlement, puis dans un magnifique mais sinistre manoir de la campagne anglaise. Alors que l’enquête s’avère labyrinthique, la vie de Strike est également loin d’être rectiligne : sa nouvelle notoriété en tant que détective l’empêche désormais d’opérer en sous-main, comme à son habitude. De plus, sa relation avec son ancienne assistante devient plus périlleuse que jamais Robin lui est certes indispensable professionnellement, mais leur relation personnelle se complique de jour en jour…

Mon ressenti : Quel plaisir de retrouver Cormoran Strike après ces mois d’attente !
J’ai déjà exprimé mon A-M-O-U-R pour ces romans dans cet article, mais j’ai trouvé celui-ci particulièrement abouti. Je l’ai trouvé plus florissant en terme d’ engagement politique. J’aime lorsque les romans s’engagent en abordant et en se positionnant à propos de sujets d’actualités, c’est de plus en plus important pour moi ces derniers temps et je trouve le contraire assez insipide. JK est une femme assez engagée dans la vraie vie, il est donc normal qu’on retrouve une tendance de ce type dans ses livres. Dans ce dernier tome (“dernier” au sens plus récent, j’espère que d’autres verront le jour !) c’est la marginalité des personnes psychologiquement fragiles dont il est question, mais aussi de l’écart croissant entre les classes sociales, du harcèlement au travail ainsi que des relations toxiques et clairement machistes, un sujet abordé depuis un certain temps à travers le couple de Robin. Le sort de cet dernière est d’ailleurs plutôt enhardissant, j’ai vraiment aimé voir ce personnage s’affirmer.
Lhistoire en elle – même est assez rebondissante : on entre au cœur de Scotland Yard sous une fausse identité, deux mondes se croisent et s’entrecroisent sans qu’on puisse pour autant deviner la finalité du tout. C’est un vrai talent d’ailleurs, le fait de nous tenir dans un ces flous jusqu’aux 30 dernières pages, c’est assez bluffant…
Un petit bémol peut-être pour Robin qui se retrouve, comme dans le tome précédent, dans une situation de “demoiselle en détresse”. Je trouve que le scénario aurait du mérite à ne pas se répéter à l’infini, mais qu’il pourrait plutôt être inversé ? Remanié ?
On en apprend un peu plus sur Strike également, c’est un personnage définitivement très complexe et ambivalent qui oscille entre dureté et vulnérabilité, ce que j’adore. On en apprend plus sur son passé, sur son précédent mariage…
Globalement, j’ai été ravie de continuer cette saga ! Comme à chaque fois, j’ai vraiment hâte de pouvoir lire le prochain. D’ailleurs, j’ai décidé de le lire en VO cette fois-ci et il n’y a pas photo : la VO c’est la vie, l’essence des personnages et de leur environnement y est tellement plus vif ! Ce tome est en plus très accessible selon moi.

Ma note : 5/5

Compréhensibilité de l’anglais : 4.5/5

Avez-vous lu ces livres ? Les avez-vous aimé ?

Ça vous arrive de lire en anglais ou dans une langue étrangère ? 

 

Laisser un commentaire